Les thèmes clés ont le potentiel de façonner l’évolution de l’économie et de stimuler certains secteurs pendant des décennies.
2 Décembre 2025
Eric Lascelles Économiste en chef
Plus d’un quart du 21e siècle est maintenant derrière nous. Étonnamment, nous entamons déjà le deuxième trimestre du siècle, qui se poursuivra jusqu’à l’année 2049.
Il est utile de réfléchir à long terme : un regard qui porte loin correspond mieux à l’horizon de placement de l’investisseur moyen que les analyses souvent plus frénétiques, qui évaluent les résultats d’une année à l’autre ou même quotidiennement. Cela aide à distinguer le bon grain de l’ivraie : les thèmes macroéconomiques qui persistent depuis des décennies sont sans doute ceux qui ont le plus d’importance.
Pour commencer, il est instructif de réfléchir aux principaux thèmes macroéconomiques qui ont marqué ce premier quart de siècle maintenant terminé. Plus encore, bien que sous un angle beaucoup plus spéculatif, il est utile de réfléchir aux thèmes économiques qui pourraient dominer le prochain quart de siècle.
RBC Gestion mondiale d’actifs.
La montée de la Chine est assurément au cœur de ce premier quart de siècle. La Chine a été admise à l’Organisation mondiale du commerce en 2001 et a connu une période faste, s’emparant d’une grande partie du secteur manufacturier mondial et augmentant massivement son niveau de vie.
Dans une moindre mesure, le premier quart de siècle a également été marqué par d’importants progrès dans de nombreux pays émergents, à tel point que ces pays génèrent maintenant plus de 60 % de la production économique mondiale sur la base de la parité du pouvoir d’achat (et environ 40 % sur la base des taux de change du marché).
Parallèlement, la mondialisation est demeurée une force puissante pendant la majeure partie de ce quart de siècle, stimulant la croissance mondiale, même si elle a considérablement diminué au cours de la dernière décennie, le Brexit et l’imposition des tarifs douaniers américains ayant marqué un revirement important et tardif.
Le secteur des technologies a dominé pendant les 25 dernières années, l’Internet s’étant épanoui et les téléphones intelligents ayant révolutionné la vie quotidienne.
Les données démographiques accusaient déjà un recul au début du siècle, mais elles se sont vraiment détériorées à la fin de la première décennie, et de nombreux pays connaissent maintenant une diminution pure et simple de leur population.
De façon un peu moins éclatante, en raison d’un certain nombre d’entraves en cours de route, le projet de création d’une zone euro a franchi les premières étapes (la Banque centrale européenne n’avait qu’un an en 2000), puis l’euro physique, qui n’a été lancé qu’en 2002, est passé de 11 à 20 pays. Par la suite, des titres de créance communs ont été émis, des mécanismes de sauvetage ont été conçus et la supervision bancaire a été centralisée, et nous en sommes aujourd’hui à tenter de coordonner les décisions énergétiques et militaires.
Les ménages se sont considérablement endettés au cours de la première partie du quart de siècle, au point où le secteur public a largement pris le contrôle et procédé à des emprunts massifs dans la dernière partie de cette période. En fin de compte, l’endettement s’est fortement accentué.
Les produits de base ont connu un supercycle, en grande partie en raison de la croissance rapide de la Chine et de son grand appétit pour les matières.
Les taux obligataires ont généralement diminué au cours du quart de siècle, à l’exception de la forte hausse des dernières années.
Le rendement du marché boursier américain au cours de ces 25 années (que l’on définit essentiellement comme allant du 1er janvier 2000 au 31 décembre 2024) a été plutôt faible par rapport aux ères précédentes. Si le pourcentage semble étonnamment bas, n’oubliez pas qu’il correspond à une période comportant deux volets : une décennie « perdue » de 2000 à 2009, suivie de gains assez remarquables par la suite.
Le graphique à colonnes montre le rendement annualisé total de l’indice S&P 500 pour des périodes de 25 ans. De 1875 à 1899, le rendement a été de 6,2 %; de 1900 à 1924, de 7,6 %; de 1925 à 1949, de 7,5 %; de 1950 à 1974, de 9,9 %; de 1975 à 1999, de 16,9 % et de 2000 à 2024, de 7,6 %.
Au 18 août 2025. Rendement total estimé à partir des données sur les niveaux de l’indice des prix de Bloomberg et de Robert J. Shiller, et des données sur le rendement en dividende de Bloomberg et de Multpl.com.
Sources : RBC Gestion mondiale d’actifs, Robert J. Shiller, Bloomberg et Multpl.com.
Il convient également de réfléchir aux principales forces et aux événements qui ont jeté une ombre importante sur le trimestre, mais qui ont cessé d’être des moteurs économiques importants.
Il est facile de faire des prévisions, mais plus difficile d’en formuler qui se révèlent justes. Il faut souligner que la plupart des événements suivants sont de nature spéculative.
C’est sans surprise que bon nombre des thèmes attendus s’inscrivent dans la continuité de thèmes existants. Mais la réalité est que de nombreuses forces s’exercent sur des périodes encore plus longues qu’un quart de siècle.
Le graphique linéaire montre les taux de fécondité (naissance par femme) de neuf pays du G20, de 1965 à 2023. Ils ont tous été inférieurs en 2023 à ce qu’ils étaient en 1965. Le taux du Mexique était à 6,8 en 1965 (son plus haut niveau), à 3,4 en 1990 et à 1,9 en 2023. Le taux en Chine s’établissait à 6,6 en 1965 (deuxième plus haut niveau), à 2,5 en 1990 et à 0,99 en 2023. Le taux du Brésil était à 5,7 en 1965 (troisième en importance), à 2,9 en 1990 et à 1,6 en 2023. Le taux en Corée du Sud s’établissait à 4,9 en 1965, à 1,6 en 1990 et à 0,7 en 2023. Le taux au Canada était à 3,1 en 1965, à 1,8 en 1990 et à 1,3 en 2023. Le taux aux États-Unis s’établissait à 2,91 en 1965, à 2,1 en 1990 et à 1,6 en 2023. Le taux au Royaume-Uni s’établissait à 2,86 en 1965, à 1,8 en 1990 et à 1,56 en 2023. Le taux en Allemagne s’établissait à 2,5 en 1965, à 1,45 en 1990 et à 1,39 en 2023. Le taux au Japon s’établissait à 2,1 en 1965, à 1,5 en 1990 et à 1,2 en 2023.
Source : Banque mondiale; données jusqu’en 2023.
Intéressons-nous maintenant aux nouveaux thèmes qui pourraient prendre forme et demeurer pertinents pendant des années.
Le graphique linéaire montre le ratio de la croissance sur cinq ans des exportations réelles de biens par rapport au taux de croissance du PIB réel. Depuis la fin des années 1990, le ratio affiche une tendance générale à la baisse : il a atteint un sommet d’environ 2,3 en 1997 avant de redescendre pour atteindre environ 0,6 en 2024.
En date de 2024. Ratio de la croissance sur 5 ans des exportations réelles de biens par rapport au PIB réel. Les zones ombrées représentent des récessions aux États-Unis.
Sources : RBC Gestion mondiale d’actifs, Fonds monétaire international, Netherlands Bureau for Economic Policy Analysis (CPB), OCDE et Macrobond.
Enfin, nous envisageons de nouveaux thèmes qui pourraient se révéler très importants au cours du prochain quart de siècle.
Eric Lascelles est premier directeur général et économiste en chef de Gestion mondiale d’actifs RBC Inc. (RBC GMA). Il est responsable des prévisions économiques mondiales de la société et conseille ses gestionnaires de portefeuille sur les principaux thèmes et risques. Il est également membre du comité des stratégies de placement RBC (CSPR), qui est responsable des recommandations en matière de répartition de l’actif mondial auprès de RBC GMA. Au cours de ses deux décennies en tant qu’économiste, M. Lascelles a également occupé les fonctions d’économiste bancaire auprès d’une autre grande institution financière, œuvré comme économiste sur un parquet de bourse et agi comme stratège des titres à revenu fixe.
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