Perspectives mondiales – Panorama 2026 : Europe

Analyse
Perspectives

Les actions européennes devraient profiter de la reflation, mais l’offre élevée d’obligations et le resserrement de la demande des investisseurs devraient faire grimper les taux.

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2 Décembre 2025

Par Frédérique Carrier; Rufaro Chiriseri, CFA; Thomas McGarrity, CFA

  • L’Europe vit les courants contraires de la déflation causée par les tarifs douaniers des États-Unis et de la reflation intérieure, et cette dernière semble l’emporter.
  • Les taux obligataires devraient augmenter, car l’offre accrue d’obligations de sociétés et d’État compose avec une concurrence accrue pour la demande des investisseurs.

Actions européennes

L’Europe fait face à des forces macroéconomiques opposées. D’une part, les tarifs douaniers américains et la vigueur de l’euro compriment les exportations, tandis que la concurrence chinoise s’intensifie. Des pays comme l’Allemagne et l’Italie, qui ont d’importants secteurs d’exportation industrielle, sont les plus touchés.

En revanche, de puissantes forces procurent une poussée reflationniste : une politique monétaire expansionniste, la Banque centrale européenne (BCE) ayant depuis le milieu de 2024 réduit son taux directeur de moitié pour le porter à 2 %; des politiques budgétaires expansionnistes dans certains pays, le programme d’infrastructures de 500 milliards d’euros sur 10 ans de l’Allemagne étant au centre de la scène; et la mise en œuvre de réformes structurelles.

Dans l’ensemble, nous croyons que les données montrent que les forces reflationnistes nationales l’emportent. Après tout, la zone euro a connu une croissance modeste, surpassant les attentes d’un ralentissement de la croissance du marché, et les pays exposés aux exportations semblent avoir évité une récession en 2025. RBC Marchés des Capitaux prévoit une croissance de 1,5 % pour la région en 2026, car les investissements dans les infrastructures et les dépenses militaires de l’Allemagne devraient y contribuer fortement.

Les progrès des réformes structurelles pourraient soutenir davantage la croissance. L’European Policy Innovation Council a constaté que seulement 11 % des 383 recommandations de réforme de l’ancien président de la BCE, Mario Draghi, ont été entièrement mises en œuvre. Il y a un an, il a exhorté les dirigeants de l’UE à s’attaquer au déficit de productivité persistant du bloc en approfondissant le marché unique, en stimulant l’innovation et en diversifiant les chaînes d’approvisionnement.

Il reste beaucoup à faire. Malheureusement, l’instabilité politique en France pourrait freiner les progrès. Tant que la deuxième économie de l’UE n’aura pas assaini ses finances publiques, il sera difficile de faire progresser les discussions sur les emprunts communs pour financer la défense et la recherche scientifique, comme Draghi l’a laissé entendre. Tout retard dans la mise en œuvre du plan d’infrastructures de l’Allemagne limiterait également les perspectives de croissance.

Moins du tiers des réformes de Draghi ont été entièrement ou partiellement mises en œuvre

Pourcentage des mesures à diverses étapes de mise en œuvre au 4 septembre 2025

Pourcentage des mesures à diverses étapes de mise en œuvre au 4 septembre 2025

Le graphique présente les quatre étapes de mise en œuvre franchies pour chacune des 383 recommandations de réforme de Mario Draghi (données au 4 septembre 2025). Les pourcentages attribués à chaque catégorie sont les suivants : mise en œuvre, 11 %; mise en œuvre partielle, 20 %; en cours 46 % et non mise en œuvre, 23 %.

Sources : European Policy Innovation Council (EPIC), RBC Gestion mondiale d’actifs.

L’indice STOXX Europe 600 hors Royaume-Uni – notre indicateur privilégié pour les actions de la zone euro – se négocie à 14,8 fois les prévisions consensuelles de bénéfices pour 2026. Cette donnée est légèrement au-dessus de sa moyenne à long terme, et justifiée, selon nous, étant donné que le paquet d’aides budgétaires améliore les perspectives de croissance à moyen terme pour la région.

Nous préférons toujours les secteurs qui sont susceptibles, selon nous, de profiter du paquet d’aides, comme certains segments du secteur des produits industriels, dont la défense, et les matières. À notre avis, les banques devraient profiter des meilleures perspectives de croissance à moyen terme de la région, tout en continuant d’offrir des dividendes intéressants et des occasions de rachats d’actions.

Titres à revenu fixe européens

Selon notre scénario de base, le PIB de la zone euro devrait croître de 1,6 % en 2026, en raison de l’augmentation des dépenses budgétaires régionales, notamment l’assouplissement du frein budgétaire allemand et les 500 milliards d’euros de dépenses en infrastructures que l’Allemagne prévoit pour la prochaine décennie. Cette situation devrait entraîner une légère hausse de l’inflation, maintenant le taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) à 2 %. Les risques qui pèsent sur notre scénario de base sont les difficultés tarifaires et les retards dans les dépenses budgétaires, qui pourraient freiner la croissance économique et, à moyen terme, faire en sorte que l’inflation soit inférieure à la cible de 2 % de la BCE.

L’Allemagne dispose d’une marge de manœuvre budgétaire pour emprunter, tandis que le contexte politique imprévisible de la France fait en sorte que le resserrement budgétaire semble un défi de taille. Les taux des obligations d’État françaises devraient rester égaux ou supérieurs à ceux de l’Italie. En revanche, l’Italie est en voie de se retirer de la procédure de déficit excessif de l’UE d’ici 2026. Ailleurs, nous pensons que les déficits budgétaires de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce devraient demeurer bien maîtrisés et que les obligations d’État de ces pays devraient briller dans un contexte concurrentiel de taux. Compte tenu de l’augmentation de l’offre globale d’obligations et de notre prévision d’une hausse des taux obligataires en 2026, en particulier en Allemagne, nous préférons sous-pondérer les obligations d’État européennes.

Les taux des obligations d’État devraient augmenter au cours de la prochaine année

Taux des obligations d’État allemandes et taux des obligations d’État implicites du marché dans un an

Taux des obligations d’État allemandes et taux des obligations d’État implicites du marché dans un an

Le graphique illustre la courbe des taux actuelle des obligations d’État allemandes et la courbe des taux prévue par le marché dans un horizon de un an, pour les échéances allant de un an à 30 ans (données au 6 novembre 2025). Les prévisions du marché à l’égard de la courbe des taux pour toutes les échéances sont invariablement plus élevées que les taux actuels. C’est la catégorie des échéances à trois ans qui présente l’écart le plus important entre les taux actuels et ceux prévus : le marché prévoit que le taux actuel de 2,02 % devrait atteindre 2,24 % dans un an, soit une différence de 0,22 %. C’est la catégorie des échéances à 30 ans qui présente l’écart le plus faible : le marché prévoit que le taux actuel de 3,20 % devrait atteindre 3,30 % dans un an plus tard, soit une différence de 0,10 %.

  • Courbe des taux des obligations d’État allemandes (aujourd’hui)
  • Courbe des taux des obligations d’État allemandes implicite du marché (un an à l’avance)

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg; données au 6 novembre 2025.

Du côté des obligations de sociétés, nous prévoyons un modeste élargissement des écarts de taux des obligations de catégorie investissement – soit la rémunération supplémentaire pour prendre un risque de crédit – et un élargissement plus marqué des écarts de taux des obligations à rendement élevé. Même si après des sommets cycliques, les taux de défaillance des obligations à rendement élevé ont fondu et se sont stabilisés, nous prévoyons une tendance haussière des défaillances en 2026 en raison de facteurs idiosyncrasiques. La forte demande des investisseurs pour les taux et la politique budgétaire expansionniste devraient continuer de soutenir les écarts de taux, et nous nous attendons à ce que le segment des titres à rendement élevé surpasse celui des titres de catégorie investissement. Du côté des titres de catégorie investissement, nous croyons que des occasions restent dans le segment de l’automobile en raison des valorisations intéressantes par rapport aux moyennes historiques et des bilans relativement solides. Pour des raisons semblables, nous croyons qu’il existe des occasions intéressantes dans les secteurs des télécommunications, des services publics et de la finance.


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