Perspectives mondiales – Panorama 2026 : Royaume-Uni

Analyse
Perspectives

L’affaiblissement des marchés de l’emploi pourrait entraîner d’autres réductions du taux directeur par la Banque d’Angleterre et stimuler la vigueur des obligations d’État du Royaume-Uni (Gilts), même si des occasions sont à saisir sur le marché boursier sous-évalué du Royaume-Uni.

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2 Décembre 2025

Par Frédérique Carrier; Rufaro Chiriseri, CFA; Thomas McGarrity, CFA

  • Le Royaume-Uni est confronté à un délicat exercice d’équilibre économique, mais des occasions demeurent dans ce marché boursier sous-évalué.
  • Le relâchement du marché de l’emploi, le ralentissement de la croissance des salaires et la baisse de l’inflation devraient entraîner un assouplissement accru de la politique de la Banque d’Angleterre et un rendement supérieur du côté des obligations d’État, dans un contexte de volatilité persistante.

Actions du Royaume-Uni

Les hausses d’impôt imposées aux entreprises et aux ménages en 2025 devraient ralentir davantage la croissance économique à seulement 1,2 % en 2026, selon les prévisions consensuelles de Bloomberg. Le ralentissement de la croissance devrait permettre à l’inflation de s’atténuer, ce qui pourrait donner à la Banque d’Angleterre une marge de manœuvre pour réduire les taux d’intérêt au-delà du niveau de 3,25 % actuellement pris en compte par les marchés pour la fin de 2026.

À notre avis, le risque est qu’un gouvernement travailliste de plus en plus impopulaire abandonne la rigueur budgétaire. Élu avec une majorité écrasante en juillet 2024, le taux d’approbation du gouvernement a depuis plongé à 17 %, selon les récents sondages. Il est difficile pour nous de croire qu’il se redressera, compte tenu des mesures d’austérité imposées aux électeurs. Selon nous, si le gouvernement assouplit sa politique budgétaire pour stimuler la croissance (et sa cote d’approbation), les marchés financiers pourraient devenir nerveux, d’autant plus que le Royaume-Uni dépend fortement des investisseurs étrangers pour financer sa dette.

La popularité du Parti travailliste plonge et celle du Parti réformiste bondit

Sondages sur les intentions de vote

Sondages sur les intentions de vote

Le graphique montre les intentions de vote pour les cinq principaux partis politiques du Royaume-Uni depuis l’élection générale de juillet 2024 (données au 3 octobre 2025). Les intentions de vote pour le Parti travailliste sont passées de 40 % à moins de 25 %, en raison de l’ampleur des difficultés économiques futures qui est devenue évidente et de l’humeur du public qui s’est détériorée. Les appuis au Parti travailliste se sont légèrement améliorés au cours des trois mois suivant l’élection, mais ils ont par la suite diminué de façon constante et se situent actuellement à moins de 21 %. En revanche, les intentions de vote pour le Parti réformiste de droite ont augmenté de façon constante depuis l’élection générale, passant de 16 % à 31 %, car les électeurs sont attirés par son approche populiste. Les conservateurs, même s’ils ont connu une hausse des intentions de vote de juillet à octobre 2024, ont également subi une baisse importante de ces intentions qui sont maintenant inférieures à 17 %. Les intentions de vote pour les verts et les libéraux démocrates se sont améliorées lentement au cours de la période; elles s’établissent actuellement à respectivement 10 % et 13 %.

  • Travaillistes
  • Conservateurs
  • Réformistes
  • Libéraux-démocrates
  • Verts

Source : Election data vault.

Pour un pays dont le taux de croissance annuel moyen était de 2 % au cours de la décennie précédant la pandémie, la piètre performance économique du Royaume-Uni est décevante. Toutefois, les circonstances ont changé et une comparaison plus juste, selon nous, tiendrait compte des autres économies du G7, qui font toutes face à leurs propres difficultés.

Peut-être en raison de ce contexte extérieur et grâce aux valorisations intéressantes, l’indice FTSE All-Share a progressé de 15 % depuis le début de l’année en monnaies locales, ou de 20 % en dollars américains, surpassant largement le rendement de 11 % de l’indice S&P 500 depuis le début de l’année. Le rendement supérieur est spectaculaire, surtout compte tenu de l’exposition limitée du Royaume-Uni aux titres technologiques, qui constituent le principal moteur des marchés boursiers américains et asiatiques en 2025.

En l’absence de changements importants aux politiques budgétaires du Royaume-Uni, nous pensons que les actions britanniques pourraient continuer de bien se comporter. Les valorisations nous semblent toujours intéressantes malgré cette remontée, l’indice FTSE All-Share se négociant à 12,5 fois les prévisions consensuelles de bénéfices pour 2026, ce qui est nettement inférieur à la médiane de son ratio cours-bénéfice à long terme par rapport aux marchés développés mondiaux, même en tenant compte des différences sectorielles.

Nous continuons de privilégier les sociétés dont les valorisations sont attrayantes dans le secteur de la finance, en raison de leur propension à produire des rendements élevés pour les actionnaires au moyen de dividendes et de rachats d’actions. Si la Banque d’Angleterre assouplissait sa politique monétaire plus que ce que les marchés prévoient actuellement, les secteurs sensibles aux taux d’intérêt, comme l’immobilier, pourraient enregistrer des rendements supérieurs.

Titres à revenu fixe du Royaume-Uni

Selon notre scénario de base, le ralentissement continu du marché de l’emploi, y compris les pressions salariales, accroît la confiance que la Banque d’Angleterre réduira les taux d’intérêt de 50 points de base de décembre au premier trimestre de 2026. Selon les sondages menés auprès des entreprises, la croissance des salaires devrait s’établir en moyenne à environ 3,7 % au cours de l’année, et nous prévoyons que l’inflation globale atteindra 3,5 % sur 12 mois d’ici le deuxième trimestre. Un large éventail de mesures de resserrement budgétaire est reporté à la fin de la période budgétaire 2029-2030, tandis que les dépenses sont concentrées en début de période. Par conséquent, l’incidence de la croissance en 2026 sera minime et nos économistes prévoient un taux de croissance du produit intérieur brut de 1,1 % pour l’année. Selon notre scénario de base, le risque est que les attentes d’inflation des ménages s’établissent autour de la moyenne de 4 % sur six mois, ce qui pourrait exercer des pressions sur les demandes salariales.

Le resserrement budgétaire s’élève à 26,1 G£ et la marge de manœuvre accrue (la marge de sécurité entre les plans en matière d’imposition et de dépenses), qui est passée de 9,9 G£ à 21,7 G£, a été bien accueillie par les marchés. Dans un contexte de resserrement de la politique budgétaire et d’assouplissement des politiques monétaires, nous estimons que les obligations d’État devraient demeurer stables et possiblement enregistrer un rendement supérieur. De plus, les émissions d’obligations d’État ont probablement dépassé leur sommet et continueront d’éviter les obligations à échéance longue, la demande naturelle pour les régimes de retraite ayant diminué. Cela dit, les obligations d’État pourraient rester volatiles, compte tenu du retard pris dans l’assainissement des finances publiques et de la dépendance accrue à l’égard des investisseurs sensibles aux rendements, nécessaires pour éponger l’offre.

Les obligations des sociétés britanniques ont largement fait fi des préoccupations budgétaires, les écarts de taux (la rémunération en contrepartie du risque de crédit) demeurant serrés. Nous prévoyons un modeste élargissement des écarts de taux en 2026; par conséquent, nous préférons une sous-pondération des obligations de sociétés. Toutefois, le rendement additionnel actuellement offert en contrepartie du risque de taux d’intérêt se situe toujours à des niveaux intéressants. De plus, nous croyons que la baisse des taux des obligations d’État du Royaume-Uni et des coûts d’emprunt soutiendra le secteur du crédit.

Les écarts de taux des obligations de société sont inférieurs aux moyennes historiques

Les écarts de taux représentent la différence entre les taux de rendement des obligations d’État et des obligations de sociétés

Bloomberg Sterling Corporate Index spreads over a 5-year horizon

Le graphique indique la valeur de l’indice Bloomberg Sterling Corporate sur un horizon de 5 ans, du 11 novembre 2020 au 10 novembre 2025. L’indice était de 1,34 % au début de la période et il a progressé pour atteindre un sommet de 2,58 % le 12 octobre 2022. Il a par la suite reculé de façon constante pour atteindre un creux de 0,90 % le 7 février 2025. Selon les données les plus récentes, publiées le 11 novembre 2025, il s’établissait à 0,87 %. Le graphique montre également les moyennes de l’indice sur un an et sur 5 ans, soit respectivement 1,00 % et 1,35 % pendant la même période.

  • Sterling Investment Grade Corporate Index
  • Moyenne sur 5 ans
  • Moyenne sur 1 an

Sources : Bloomberg et RBC Gestion de patrimoine; données jusqu’au 10 novembre 2025.


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