Les investisseurs boursiers redoutent depuis longtemps le mois de septembre. Nous donnons ici un peu de contexte pour expliquer pourquoi les actions ont tendance à fléchir au cours du mois et nous expliquons pourquoi les investisseurs devraient garder l’œil sur le long terme en ce qui a trait au positionnement du portefeuille.
28 août 2025
Kelly Bogdanova Vice-présidente et analyste de portefeuilleServices-conseils en gestion de portefeuille – États-Unis
Comme l’indice S&P 500 a progressé de 30 % depuis le creux induit par les craintes liées aux tarifs en avril et qu’il a augmenté de 10 % depuis le début de l’année en date de la fin de la séance de mercredi, le marché s’approche de ce qui a été historiquement le mois le plus difficile.
Depuis 1928, l’indice S&P 500 a reculé en moyenne de 1,2 % en septembre, un résultat inférieur à tous les autres mois.
Même s’il ne s’agit pas d’un important repli en soi – après tout, des replis de cette ampleur peuvent se produire lors de jours difficiles –, il s’agit d’un contraste important par rapport au rendement moyen des autres mois.
Le graphique à barres montre le rendement mensuel moyen de l’indice S&P 500 de janvier 1928 à juillet 2025. Septembre est le pire mois et juillet, le meilleur mois. Moyennes mensuelles : Janvier, +1,2 %; février, -0,1 %; mars, +0,5 %; avril, +1,2 %; mai, +0,1 %; juin, +0,8 %; juillet, +1,7 %; août, +0,7 %; septembre, -1,2 %; octobre, +0,5 %; novembre, +1,0 %; décembre, +1,3 %.
Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg; données mensuelles jusqu’au 31 juillet 2025
Les rendements de septembre ont été négatifs 55 % du temps depuis 1928, soit plus que la proportion de rendements négatifs de 39 % du temps pour tous les autres mois durant cette période. 9 des 40 pires pertes mensuelles ont eu lieu en septembre, soit plus que tout autre mois. Octobre, qui a également une réputation douteuse, suit avec 6 des 40 pires pertes mensuelles.
En raison des défis uniques auxquels le marché a été confronté, quatre des cinq derniers mois de septembre ont connu des difficultés encore plus importantes, reculant de 4,2 % en moyenne, ce qui est nettement pire que la baisse moyenne à long terme de 1,2 %. Même si l’indice S&P 500 a clos le mois de septembre dernier dans le vert, le marché a reculé de 4,3 % au début du mois, en raison des ventes massives de titres de semi-conducteurs liés à l’intelligence artificielle, lesquels ont rebondi rapidement, comme l’ensemble du marché. Les rendements de septembre des quatre années précédentes ont oscillé entre une baisse de 3,9 % en 2020, lorsque la pandémie demeurait un facteur, et une baisse de 9,3 % en 2022, lorsque l’inflation post-pandémie faisait rage.
Le plongeon de septembre n’est pas seulement un phénomène américain. Les actions du Canada, du Royaume-Uni et de Hong Kong, en plus de celles d’autres marchés, ont également tendance à éprouver des difficultés. Depuis 1970, l’indice composé S&P/TSX, le FTSE All-Share et le Hang Seng ont reculé en moyenne de 1,4 %, 1,1 % et 1,0 %, respectivement, en septembre.
Le graphique à barres montre le rendement mensuel moyen de janvier 1970 à juillet 2025 pour quatre indices boursiers : l’indice S&P 500 (États-Unis), l’indice S&P/TSX (Canada), l’indice FTSE All-Share (Royaume-Uni) et l’indice Hang Seng (Hong Kong). Historiquement, décembre et janvier sont les meilleurs mois et septembre est le pire mois. Les rendements mensuels sont les suivants. Janvier : les quatre indices sont positifs, celui de Hong Kong étant le plus performant. Février : les quatre indices sont positifs, mais l’indice américain a à peine progressé, tandis que l’indice de Hong Kong a gagné 3,0 %. Mars : l’indice de Hong Kong est négatif, tandis que les autres sont positifs. Avril : tous les quatre sont positifs; l’indice canadien tire de l’arrière. Mai : l’indice du Royaume-Uni est en territoire négatif, tandis que les autres sont légèrement positifs. Juin : les indices des États-Unis et de Hong Kong sont en territoire positif, alors que les indices du Canada et du Royaume-Uni sont en baisse. Juillet : les quatre ont gagné du terrain; l’indice de Hong Kong arrive en tête. Août : l’indice de Hong Kong est négatif; les trois autres sont légèrement positifs. Septembre : les quatre indices sont en baisse, de -0,9 % à -1,4 %, le Canada ayant inscrit le pire résultat. Octobre : l’indice canadien est légèrement négatif, les autres sont en hausse. Novembre : l’indice de Hong Kong fait du surplace; les autres ont progressé. Décembre : les quatre ont tous monté.
Indices présentés : S&P 500 (États-Unis), S&P/TSX (Canada), FTSE All-Share (Royaume-Uni), Hang Seng (Hong Kong).
De notre point de vue, il n’y a pas une seule raison objective pour laquelle les marchés boursiers se sont souvent repliés en septembre. Toutefois, quelques facteurs y ont probablement contribué.
Habillage de bilan : Nous croyons que le calendrier de l’exercice financier de nombreux fonds communs de placement a une incidence sur la morosité saisonnière de l’automne. Les investisseurs institutionnels ont tendance à assainir leur portefeuille en septembre et en octobre, avant la fin de l’exercice, en vendant leurs actions les moins performantes, et ils ajoutent parfois à leur portefeuille des actions qui ont brillé au cours des mois précédents. Ce processus est connu comme étant de l’« habillage de bilan » – autrement dit, ils embellissent leurs portefeuilles avant la fin de l’exercice et ils rendent publics leurs placements en actions. À mesure qu’elles se vendent, les actions les plus faibles accusent souvent un retard par rapport au marché ou reculent davantage. Ces replis peuvent créer de la volatilité et freiner les principaux indices boursiers.
Vente à perte à des fins fiscales : Cette stratégie de gestion fiscale de portefeuille aux États-Unis, au Canada et dans certains autres pays se produit dans diverses situations de marché, que ce soit en période de hausse, de baisse ou relativement stable, et peut dépendre de la situation de chaque portefeuille. Les actions les moins performantes sont vendues à perte afin de limiter ou de compenser les gains en capital. Même si nous pensons que cette situation a parfois contribué aux rendements relativement ternes de septembre, la plus grande partie des ventes à perte à des fins fiscales (aussi appelées réalisations de pertes à des fins fiscales) se produisent habituellement plus tard dans l’année.
La psychologie des investisseurs : Le fait que septembre soit habituellement un mois difficile n’est pas négligeable pour les investisseurs institutionnels qui gèrent des fonds de couverture, des fonds communs de placement ou des caisses de retraite, ni pour les autres professionnels des placements. Les données sont bien connues et font l’objet de discussions depuis longtemps. Peut-être que la faiblesse de septembre est devenue une prophétie autoréalisatrice à un moment donné, et que le caractère saisonnier antérieur entraîne un caractère saisonnier subséquent. Certains spécialistes de la finance comportementale ont indiqué qu’il s’agissait d’un facteur potentiel.
Au fil des ans, nous nous sommes également demandé si le rendement de septembre a été influencé par les tendances comportementales associées au retour des vacances d’été. Nous avons observé qu’après cette populaire période de vacances, les professionnels en placement et les investisseurs individuels sont souvent reposés et prêts à recommencer à zéro. Ils peuvent être plus ouverts à la modification des stratégies tactiques à court terme ou à l’assainissement des portefeuilles, même si nous n’avons pas encore observé d’études à l’appui de cette théorie.
Selon nous, les piètres résultats historiques de septembre ne devraient pas inciter les investisseurs à long terme à apporter des ajustements importants aux portefeuilles. Ce cycle saisonnier et les autres cycles de marché doivent être respectés, mais ne doivent pas dominer les décisions liées au portefeuille.
Nous pensons que d’autres facteurs alimenteront principalement les rendements à long terme du marché boursier américain, tout comme ils l’ont fait pendant des périodes prolongées dans le passé, comme ceux qui suivent :
Ce sont les facteurs qui tendent à façonner le plus la croissance économique, la croissance des bénéfices des sociétés et les valorisations boursières – toutes des caractéristiques fondamentales ayant une grande influence sur le rendement des actions.
En plus de l’analyse fondamentale, pour le positionnement tactique à court et à moyen terme du portefeuille, nous pensons que les investisseurs devraient tenir compte de l’analyse technique .
À l’approche de septembre, les données historiques sur les replis mensuels constituent une raison pratique de rééquilibrer les portefeuilles pour les investisseurs qui ne l’ont pas fait récemment.
Les marchés boursiers américains et autres ont fortement progressé depuis avril et ont enregistré des gains démesurés depuis le début de l’année, de sorte que l’exposition aux actions dans les portefeuilles pourrait avoir dépassé le niveau de répartition stratégique recommandé.
Un épisode de prises de profits et de replis des principaux indices serait normal après une envolée aussi forte, si ce n’est en septembre, à un moment donné avant la fin de l’année.
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