15 avril 2026 | Animée par Leanne Kaufman
Une cohorte florissante d’aînés canadiens nous montre à quel point il est possible et souhaitable de vivre au-delà de 100 ans.
« Les gènes, en biologie, peuvent planter le décor, ils ne dictent pas le scénario de notre vieillissement. Ce qui semble prépondérant, c’est la résilience et la façon dont la biologie, une bonne santé cardiovasculaire et l’engagement social et cognitif tout au long de la vie contribuent à entretenir nos réseaux cérébraux au fil du temps. »
Leanne Kaufman :
Les progrès réalisés dans le domaine de la santé et des sciences du bien-être font du rêve lointain d’une espérance de vie de plus de 100 ans une réalité de plus en plus accessible. Selon Statistique Canada, la population des personnes centenaires ou plus âgées au pays, qui est de l’ordre de 12 000, a plus que triplé ces 20 dernières années. Grâce aux progrès de la santé et de la médecine, ce nombre pourrait dépasser 100 000 d’ici 2073.
Mais que faut-il pour vivre plus de 100 ans ? On pourrait penser que la vie à cet âge sera marquée par le déclin physique et mental, mais il n’en est pas toujours ainsi. Une cohorte florissante de superaînés nous montre qu’il est beaucoup plus possible qu’on pourrait le croire d’avoir un mode de vie actif et souhaitable à cet âge.Bonjour, je m’appelle Leanne Kaufman, et je vous souhaite la bienvenue à Au-delà de la richesse. Je suis aujourd’hui accompagnée de Madame Angela Roberts, Ph. D., chargée de recherche associée au Centre canadien pour l’activité et le vieillissement, de l’Université Western Ontario. Elle dirige également le premier site de projets de recherche sur le super-vieillissement au pays.Madame Roberts, merci de vous joindre à moi aujourd’hui pour parler du super-vieillissement et de la vie après 100 ans et nous expliquer en quoi cela va au-delà de la richesse.
Angela Roberts :
Merci Leanne.
Pouvez-vous commencer par nous dire ce qu’est un superaîné et nous parler un peu de vos recherches sur ces personnes ?
Avec plaisir. Un superaîné est une personne dont le cerveau semble vieillir différemment de celui des autres. Nous explorons cette question dans le cadre d’un projet de recherche nord-américain dirigé par l’Université de Chicago et financé par le National Institutes of Health des États-Unis et la McKnight Brain Research Foundation. Comme vous l’avez déjà mentionné, nous ne dirigeons pas seulement un site de projets de recherche sur le super-vieillissement au Canada, mais le tout premier site du genre au Canada.
Dans le cadre des études, nous définissons les superaînés comme des personnes de plus de 80 ans dont la mémoire égale ou surpasse celle de personnes de 20 à 30 ans plus jeunes. Nous mesurons cela au moyen de tests cognitifs normalisés. Ce qui est remarquable n’est pas que ces personnes soient à l’abri du vieillissement, mais que leur cerveau présente une forte résilience au déclin lié à l’âge.
Notre projet de recherche sur le super-vieillissement a montré que, chez de nombreux superaînés, la structure du cerveau et les régions importantes pour la mémoire et l’attention ont été préservées. Elles semblent résister aux types de changements que l’on associe souvent à la maladie d’Alzheimer. Notre travail ici au Canada part de cette observation et consiste à se demander comment cette résilience se manifeste au quotidien. Nous dépassons le cadre de la biologie et examinons la façon dont les superaînés se déplacent, restent socialement actifs et fonctionnent à la maison et dans leur collectivité.
Nous cherchons ainsi à déterminer ce qui fait que les gens vieillissent bien passé 80 ou 90 ans, et même au-delà.
Pour vous avoir parlé, je sais que vos recherches sont peut-être un peu moins conventionnelles que d’autres dans le domaine du vieillissement cognitif. Parlez-nous-en un peu, ainsi que de ce que vous avez appris jusqu’ici.
Un des problèmes, lorsque l’on pense à la recherche sur le vieillissement, c’est qu’on se concentre presque toujours sur le déclin ou sur ce qui va mal. Ce qui distingue vraiment le projet de recherche sur le super-vieillissement, c’est qu’il tourne carrément le dos à cette approche et cherche à comprendre ce qui va bien et comment nos aînés s’adaptent au fil du temps, à la fois sur les plans biologique, social et physique.Ainsi, certaines des premières conclusions des recherches que nous menons dans le cadre du projet montrent que la structure cérébrale tend à être mieux préservée chez les superaînés, en particulier dans la partie frontale du cerveau et dans une région que nous appelons le cortex cingulaire antérieur. Ces régions jouent un rôle très important dans la régulation émotionnelle, le comportement social, l’attention et la mémoire.
Nos études posthumes – nous avons un programme de don de cerveaux, ce qui nous permet d’examiner le cerveau de personnes décédées – montrent que les superaînés possèdent une densité particulièrement élevée de neurones d’un type très spécial, les neurones en fuseau (ou de von Economo). Ces cellules cérébrales spécialisées sont importantes parce qu’elles facilitent un type de communication rapide et vraiment efficace entre les réseaux cérébraux qui participent au comportement social et émotionnel. Et c’est frappant, parce qu’une des caractéristiques que nous observons le plus couramment chez les superaînés, c’est l’engagement social.
D’un point de vue génétique, il ne semble pas y avoir de gène miracle du super-vieillissement. En revanche, nombre d’entre nous sont porteurs d’influences génétiques diverses, qui ont une incidence sur notre façon de vieillir. C’est ce que nous appelons souvent le facteur de risque polygénique. Ensemble, les différents gènes peuvent déterminer la façon dont nous vieillissons, si nous développons une démence ou si nous vieillissons bien. Certains de nos superaînés ont un risque génétique moindre de souffrir de maladies comme la maladie d’Alzheimer, mais pas tous. De fait, certains de nos superaînés de 100 ans ou plus sont porteurs de gènes qui les exposent à un risque exceptionnellement élevé de développer la maladie d’Alzheimer. Et pourtant, ils ne la développent jamais durant leur vie.
Cela suggère qu’il peut y avoir des facteurs de protection que nous devons encore découvrir ; mais notre groupe y travaille, ce qui aide à faire évoluer nos attentes quant à l’expression génétique qui contribue à ces pathologies. Ce que cela nous dit, c’est que si les gènes, en biologie, peuvent planter le décor, ils ne dictent pas le scénario de notre vieillissement. Ce qui semble prépondérant, c’est la résilience et la façon dont la biologie, une bonne santé cardiovasculaire et l’engagement social et cognitif tout au long de la vie contribuent à entretenir nos réseaux cérébraux au fil du temps. Le super-vieillissement ne tient donc pas à une formule génétique magique ou à un cerveau parfait, mais à la résilience biologique et sociale du cerveau à mesure que nous vieillissons. Les gens se demandent s’il y a un bon profil. La vérité, c’est qu’il n’y a pas un profil unique du superaîné. La façon dont ces personnes sont arrivées à ce stade est incroyablement diversifiée. Tous ne sont pas des marathoniens ; en revanche, ce qu’ils tendent à avoir en commun, c’est une participation soutenue au monde qui les entoure. Les superaînés ne cherchent pas à éviter le vieillissement ; ils s’y adaptent activement, tout simplement.
Ce que vous dites sur les liens sociaux est vraiment intéressant ; nous en entendons beaucoup parler aujourd’hui. À quel point est-il réaliste, selon vous, de penser que le Canadien moyen pourra accéder à ce statut de superaîné ? Pensez-vous que cela tienne à un changement démographique, ou plutôt à ces facteurs modifiables dont vous avez déjà parlé ?
J’adore cette question, et je vais m’appuyer sur ce que nous disent nos superaînés. Ils nous rappellent que c’est la nouvelle réalité des gens de 80, 90 et 100 ans dans notre pays. Nos superaînés de 80 ans nous regardent et nous disent qu’ils n’ont rien d’exceptionnel. Mais regardez Roy : il a 98 ans. Il aura 100 ans cette année, et il a vraiment des activités. C’est quelque chose, n’est-ce pas ? C’est vraiment quelque chose.
Ces personnes ne se considèrent souvent pas comme exceptionnelles. Je pense aussi qu’il est très important de se demander si le phénomène est rare. De larges études démographiques dans le monde ont révélé que, selon les études menées sur les personnes de 80 ans ou plus, environ 11 % des superaînés – entre 9 % à 11 % selon les études – conserveront ce type de profil cognitif robuste jusqu’à un âge très avancé.
C’est très intéressant, car, pour ces études, la principale façon de trouver des superaînés participants était par l’entremise d’autres superaînés. Ils savent qui sont ces personnes dans leur collectivité et deviennent un de nos meilleurs outils de recrutement. Je dirais que le super-vieillissement ne forme pas un club, mais est en réalité un éventail diversifié. Mais il faut être honnête : le fait de bien vieillir après 80 ans et au-delà dépend à la fois des comportements individuels et des facteurs structurels de la vie. Des choses comme l’éducation, la stabilité en matière de logement, l’accès aux soins de santé ou un milieu sécuritaire… Nous commençons à bien comprendre l’influence de l’exposition aux virus et du climat sur le vieillissement et à y réfléchir, car nous savons que les personnes âgées sont une des populations les plus affectées par les changements climatiques. Nous commençons à nous pencher sur la manière dont ces facteurs influencent le vieillissement des gens sur le plan cognitif.
Ces facteurs sont importants, car ils peuvent influer sur notre expression génétique, sur notre résistance aux maladies liées à l’âge et, surtout, sur ces possibilités. L’accès à un logement de qualité ou à des espaces protégés n’est pas réparti de façon égale dans notre société, et c’est un aspect vraiment important. Je voudrais souligner un point potentiellement intéressant ici : un reportage récent de CBC indiquait que, chez les personnes sans abri ou en situation de précarité sur le plan du logement, le groupe connaissant la plus forte croissance à Vancouver était celui des aînés. Et nous observons ce phénomène partout au Canada. Les femmes aînées, en particulier, semblent touchées par cette perte de sécurité du logement. L’âgisme dans notre système de santé et le manque de preuves solides pour éclairer ne serait-ce que la façon de prescrire ou de considérer les stratégies de dépistage et les examens de santé… nous n’avons que très peu de données probantes pour savoir comment faire cela chez les personnes de 80 ans ou plus. Cela signifie que notre système de santé est souvent mal outillé pour répondre aux besoins du groupe démographique qui enregistre la croissance la plus rapide au Canada. Vous avez souligné l’importance de la question sociale, n’est-ce pas ? L’isolement social des aînés est un phénomène endémique, et c’est un véritable problème pour nous, en tant que pays.
Des groupes comme notre communauté 2ELGBTQ, les personnes proches aidantes ou les personnes aux prises avec la maladie mentale sont particulièrement vulnérables. Je crois donc que, même si le super-vieillissement est à la portée d’un certain nombre de personnes – et je pense que les gens vieillissent vraiment mieux que ce que nous voyons parfois dans notre société – cela souligne vraiment l’importance de prendre en compte les politiques d’équité, d’éducation et de santé, les décisions collectives et de santé et tout ce qui nous assure la sécurité alimentaire, des espaces sûrs et des collectivités robustes pour aider les Canadiens à bien vieillir. Dès lors, la façon dont nous abordons parfois la question dans notre programme de recherche, c’est que le super-vieillissement ne devrait pas être un privilège. Ça devrait être un objectif de santé publique, non ? Et si c’est vers cela que se dirige notre population vieillissante, il nous incombe à tous de veiller à ce que nos collectivités soient bien organisées pour aider les gens à y parvenir.
Vous parlez de prévention, c’est cela ? En fait, nous n’envisageons peut-être pas les choses de cette façon. Vous avez dit qu’il n’y avait pas véritablement de profil standard du superaîné, mais ont-ils une routine de vie commune ? Y a-t-il des activités ou des choses semblant constituer un dénominateur commun au sein de votre groupe de recherche ?
C’est une excellente question. Toutes les personnes qui écoutent ce balado, appelez-nous, et je vous inviterai à tisser des liens avec cette communauté. J’ai envie de dire que, lorsqu’on est à l’épicerie, on ne prête pas nécessairement attention aux superaînés ; mais une fois qu’on engage la conversation avec eux, on n’a plus envie d’y mettre fin.
Ce qu’il y a d’incroyable, ce qu’ils ont en commun dans la vie quotidienne, c’est cette capacité de tisser quasi immédiatement des liens profonds et significatifs avec toutes les personnes qu’ils rencontrent. Une fois le dialogue engagé, on a juste envie de les inviter à prendre un café. On ne veut jamais les laisser s’en aller. Lorsque l’on rencontre quotidiennement des superaînés, il est vraiment fascinant de découvrir comment ils peuvent nous plonger dans leur monde. En réalité, comme vous l’avez indiqué, il n’y a pas de recette secrète, mais ce qui ressort, au-delà de cette espèce de capacité immédiate à établir des liens avec les autres, c’est leur niveau d’activité.
Nous menons ainsi une étude dans le cadre de laquelle ils doivent venir effectuer des tests durant deux ou trois jours toutes les quelques années. Ils participent à des événements communautaires avec nous. Je suis quelqu’un de très occupé moi-même, mais, franchement, faire le suivi de leur emploi du temps est un vrai défi. Ils sont toujours en mouvement. Il faut toutefois reconnaître que nos superaînés ne sont pas tous en forme physiquement. Ils souffrent d’arthrite, ou de problèmes de dos, de hanches ou de mobilité, comme beaucoup d’entre nous, mais cela ne les arrête ou ne les freine pas. Ils font du bénévolat. Ils trouvent souvent de nouvelles sources d’occupation. Nous avons des superaînés qui ont mis sur pied des instituts et des programmes complets, et qui parcourent le monde et conseillent les gens. Ils s’impliquent activement. On les voit régulièrement participer à des activités de perfectionnement personnel, d’amélioration de soi ou d’acquisition de nouvelles compétences. Certains sont devenus philosophes sur le tard.
Nous avons une superaînée qui est déterminée à participer à une compétition de sport. Comme elle ne sait pas nager, elle apprend à nager à 82 ans et prend des cours de natation sportive afin de participer à cette épreuve. Nous avons une superaînée qui a été relativement inactive durant toute sa vie et qui, à l’approche de ses 80 ans, a décidé qu’elle voulait faire des compétitions d’athlétisme. Aujourd’hui, à largement plus de 80 ans, elle participe à des épreuves partout dans le monde et a établi des records mondiaux pour son groupe d’âge.
Ils restent physiquement actifs en pratique. Ils refusent de stagner intellectuellement ou émotionnellement. Ils font preuve de constance dans leur approche de l’apprentissage continu et conservent une grande curiosité pour le monde qui les entoure.
Ils sont socialement engagés, et ce que nos recherches, comme les autres travaux de recherche dans le monde, ont révélé, c’est que cela ne tient pas à la quantité de leurs relations sociales. Ainsi, les gens me demandent souvent s’ils peuvent espérer devenir des superaînés même s’ils sont introvertis. La réponse est oui. Ce n’est pas le nombre de relations qui compte, mais leur profondeur, vous comprenez ? La profondeur des relations socialement significatives. C’est ce dont je parle, quand je dis que, lorsqu’on rencontre un superaîné, on ressent immédiatement un lien. Il ne s’agit peut-être pas d’en faire plus, mais les profils diversifiés que nous observons chez les superaînés reflètent vraiment leur capacité et leur motivation à rester actifs dans ce qui compte, vous voyez ? Et dans ce qui compte pour eux.
En somme, le revers de tout ce que vous venez de décrire, ce sont ces préjugés qui entourent traditionnellement le vieillissement et peut-être le fait de ne pas traiter ces personnes comme les superaînés qu’elles sont en réalité. Pouvez-vous nous parler un peu des effets que ce portrait plus traditionnel du vieillissement peut avoir sur la cohorte de personnes que vous étudiez, mais peut-être de manière un peu plus générale dans vos recherches ?
Merci de votre question, Leanne. Vous soulevez un point très important, et je suis sûre que c’est quelque chose que vous observez au quotidien dans vos échanges et dans votre travail. Pour nous, une des motivations du programme de recherche sur le super-vieillissement n’est pas seulement de comprendre les mécanismes ou la biologie, même si cela constitue une grande partie de ce que nous faisons pour cerner la façon dont les gens vieillissent, mais aussi d’avoir une influence, en particulier sur notre site canadien, sur la manière dont les gens perçoivent le vieillissement et les aînés. C’est important pour nous en ce qui concerne non seulement la perception de la société à leur égard, mais aussi la perception que les aînés ont d’eux-mêmes, vous comprenez ?
Les moments les plus gratifiants pour moi, c’est quand une personne que je rencontre, que je croise dans un aéroport ou qui appelle le laboratoire me dit : « Vos études ont changé la façon dont mes voisins me perçoivent. »
Je repense à cet homme, qui vit en Alberta et ne participe pas nécessairement à notre étude, qui m’a appelée un jour à l’improviste pour me dire : « Vous savez ? Je vais travailler tous les jours. J’ai 98 ans. Je travaille toujours dans l’entreprise familiale. Je veux continuer à le faire. Je prends l’autobus chaque jour, et je vais travailler. Les gens avaient l’habitude de me regarder et de me demander pourquoi je continuais à le faire. »
Il était vraiment fatigué et démoralisé d’avoir à expliquer pourquoi il était important pour lui de continuer de travailler. Il m’a confié que, maintenant que l’étude sur le super-vieillissement avait été publiée et qu’on en avait parlé à l’échelle nationale – en me remerciant au passage de continuer –, les gens ne lui posaient plus la question. Au contraire, ils le regardent à présent pour lui dire qu’il est certainement un de ces superaînés. Ça a complètement changé la façon dont il se perçoit.
Quand nous pensons à l’âgisme et à notre façon négative de voir les aînés, quand nous y réfléchissons, nous devons vraiment comprendre que la façon dont nous parlons du vieillissement conditionne véritablement la façon dont les gens vieillissent. Mais ce n’est pas tout : cela façonne aussi le type de société que nous formons et le type de société que nous sommes en train de devenir. L’âgisme est néfaste non seulement sur le plan social, mais aussi sur le plan biologique. Des décennies de recherche nous ont appris que les stéréotypes négatifs à l’égard du vieillissement sont liés à une moins bonne santé physique, à une baisse des résultats cognitifs, à une hausse du stress, à des réactions biologiques au stress, à un risque accru de maladie cardiovasculaire et même à une diminution de l’espérance de vie. Lorsque l’on répète constamment aux gens que le déclin est inévitable, ils finissent par intégrer ce message dans leur façon de se percevoir. Cela n’est pas sans conséquences sur le système biologique, et même jusqu’au niveau cellulaire.
L’âgisme ne nuit pas seulement aux aînés qui le subissent ; il nous nuit à tous. En écartant les personnes âgées, nous perdons accès à leur expérience, à leur regard à long terme et à leurs souvenirs historiques. Nous perdons les voix de personnes qui ont vu des cycles se répéter, des systèmes échouer et se redresser, et des collectivités s’adapter au fil du temps. Ce savoir peut nous aider collectivement, en tant que société, à éviter de répéter nos erreurs et à prendre des décisions plus éclairées. Vous savez ? Je suis souvent renversée par la sagacité incroyable de nos superaînés. Nombre de nos aînés de 80 ans ou plus se préparent à jouer des rôles – pas uniquement des superaînés, mais des personnes de 80 ans ou plus qui vont bien en général. Leur compréhension des questions environnementales, des guerres et des politiques publiques, ou de la façon dont nous bâtissons nos collectivités, représente une masse de connaissances tellement fondamentale que, lorsque ces voix ne sont plus entendues, cela cause véritablement un tort immense à notre société. Ainsi, lorsque l’on traite les aînés comme des personnes fragiles ou non pertinentes, nombre d’entre eux se retirent de la société ou sont écartés de rôles utiles, non en raison d’un manque de compétence, mais parce qu’on ne leur en donne plus la possibilité. Nos travaux et d’autres, nous l’espérons, diffusent le message que la participation et des communautés inclusives offrant des occasions d’intégrer véritablement les aînés à la société sont des aspects centraux de notre identité et de notre santé collectives. Le fait d’être entendu, d’être inclus et de pouvoir contribuer de manière significative favorise la résilience cognitive et le bien-être. En ce qui me concerne, comme je l’ai dit, et sans nier l’importance des constats biologiques, je pense que la chose probablement la plus importante que nous fassions est d’offrir une occasion d’amplifier la parole des aînés afin de ne pas uniquement favoriser un vieillissement en bonne santé, mais de renforcer véritablement la société canadienne. Et cette mission, cette partie de mon travail, est extrêmement importante pour moi.
C’est vraiment fascinant. Et comme je l’ai dit plus tôt, je vous suis vraiment reconnaissante, à titre personnel, mais aussi sur le plan sociétal, de ce travail que vous réalisez tous. J’aime toujours poser la question : quelle est la chose – nous en avons abordé beaucoup au cours de cette discussion –, si les auditeurs devaient n’en retenir qu’une dans tout ce qui a été dit aujourd’hui, que vous aimeriez qu’ils retiennent ?
Je m’appuierais sur certains enseignements de Sally Chivers, gérontologue et autrice canadienne, pour dire que, pour moi, la seule chose que je veux que les gens retiennent, c’est que le vieillissement n’est pas un problème à résoudre. C’est une étape de la vie qu’il nous faut planifier. Je pense que c’est particulièrement important, car de plus en plus d’études et de types de travaux publiés nous disent que le vieillissement est une mauvaise chose, et qu’il faut commencer dès la trentaine ou la quarantaine à prendre des médicaments pour prévenir le vieillissement. Nos superaînés nous diraient que vieillir fait partie intégrante de l’existence, et que la richesse et la diversité dont nous faisons l’expérience à mesure que notre corps se transforme et que nous avançons dans la vie font partie de ce qui nous rend humains. La longévité est peut-être l’un de nos plus grands acquis, mais le défi est maintenant de concevoir une société qui sait comment en tirer parti pour le bien de tous et accepte notre manière d’être tout au long de notre cheminement dans la vie. À mon sens, c’est probablement un des éléments les plus importants de tout cela.
Eh bien, quel excellent conseil ! Et je pense que vous l’avez exprimé très clairement. Merci beaucoup, Mme Roberts, d’être venue aujourd’hui pour nous éclairer sur la vie des superaînés et sur ce qui fait que ces questions vont au-delà de la richesse.
Merci, Leanne, pour cette discussion des plus intéressante. Ça m’a vraiment plu.
À moi aussi. Pour en savoir plus sur Mme Roberts, Ph. D. et ses travaux sur le super-vieillissement, visitez le site superagingcanada.uwo.ca. Si vous avez aimé cet épisode et souhaitez soutenir notre balado, je vous invite à en faire part à d’autres personnes, à en parler sur les médias sociaux, ou encore à laisser une évaluation et à rédiger une critique. Je m’appelle Leanne Kaufman, et j’ai très hâte de vous retrouver pour un prochain balado. Merci d’avoir été des nôtres.
Orateur final :
Qu’il s’agisse de planifier votre succession ou les besoins de votre famille ou de votre entreprise, ou de bien remplir votre rôle d’exécuteur testamentaire (appelé liquidateur au Québec) de la succession d’un être cher, nous pouvons vous guider, aplanir les difficultés et soutenir votre vision. Faites équipe avec RBC Trust Royal afin que les générations futures profitent longtemps de votre legs. Laissez un héritage, pas un fardeau.MC Visitez le site rbc.com/royaltrust.
Merci d’avoir été des nôtres pour cet épisode de Au-delà de la richesse. Pour en savoir plus sur RBC Trust Royal, visitez notre site Web à rbc.com/royaltrust.
RBC Trust Royal désigne Société Trust Royal du Canada ou Compagnie Trust Royal, ou les deux. RBC Trust Royal et RBC Gestion de patrimoine sont des secteurs opérationnels de Banque Royale du Canada. Pour en savoir plus sur les sociétés membres de RBC Gestion de patrimoine, veuillez consulter le https://www.rbc.com/conditions-dutilisation . ®/MC Marque(s) de commerce de Banque Royale du Canada. RBC et Trust Royal sont des marques déposées de Banque Royale du Canada, utilisées sous licence. © Banque Royale du Canada 2025. Tous droits réservés.
Ce balado est fourni à titre indicatif seulement et ne vise pas à donner des conseils ni à approuver ou à recommander un contenu ou des tiers qui y sont mentionnés. De plus, ce balado ne contient rien qui puisse constituer un conseil juridique, comptable, fiscal ou relatif à la planification successorale et ne devrait pas être considéré comme tel. Avant de prendre toute mesure fondée sur les renseignements contenus dans les présentes, nous vous recommandons de consulter des conseillers fiscaux, juridiques et professionnels indépendants afin de vous assurer que votre situation personnelle a été dûment prise en considération. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais leur exactitude n’est pas garantie et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive du sujet abordé.
Les renseignements fournis dans ce document ne constituent pas des conseils fiscaux ou juridiques et ne doivent pas être interprétés comme tels. Les renseignements fournis ne doivent servir qu’à des fins de discussion avec un conseiller juridique ou un fiscaliste qualifié ou un autre conseiller professionnel pour la planification de la mise en œuvre d’une stratégie.
Au Québec, les services de planification financière sont fournis par FIRI ou par SF RBC GP, qui sont inscrits au Québec en tant que cabinets de services financiers. Ailleurs au Canada, les services de planification financière sont offerts par l’entremise de FIRI ou de RBC DVM. RBC PH&N SCP, RBC GMA, RBC DVM, SF RBC GP, Société Trust Royal du Canada et Compagnie Trust Royal sont des sociétés membres de RBC Gestion de patrimoine, division opérationnelle de Banque Royale du Canada.
Ce document a été préparé par RBC Trust Royal à l’intention de Banque Royale du Canada, de Fonds d’investissement Royal Inc. (« FIRI »), de RBC Phillips, Hager & North Services-conseils en placements inc. (« RBC PH&N SCP »), de RBC Gestion mondiale d’actifs Inc. (« RBC GMA »), de RBC Dominion valeurs mobilières Inc. (« RBC DVM »)*, de Services financiers RBC Gestion de patrimoine inc. (« SF RBC GP »), de Société Trust Royal du Canada et de Compagnie Trust Royal, qui sont des entités juridiques distinctes et affiliées. * Membre-Fonds canadien de protection des épargnants.
Apprenez-en plus sur le lien qui existe entre la solitude et les maladies chroniques chez les personnes âgées.
Pouvons-nous vraiment réinitialiser les mécanismes biologiques et défier l’âge chronologique, pour retrouver un corps plus jeune de plusieurs décennies?