Perspectives de l’économie et du marché des États-Unis pour 2026 : Tout va bien aller

Analyse
Perspectives

La croissance économique américaine demeure saine dans l’ensemble, mais un examen plus approfondi révèle un clivage marqué entre les diverses cohortes.

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12 janvier 2026

Tasneem Azim-Khan
Vice-présidente et stratège en chef, placements

Selon les prévisions de RBC Gestion mondiale d’actifs (RBC GMA) , la croissance de l’économie américaine devrait s’établir à un peu plus de deux pour cent en 2026. Bien que ce soit comparable à la croissance du PIB réel prévue par RBC GMA pour 2025, c’est moins que celle de près de de trois pour cent en 2024. L’exceptionnalisme américain ne sera peut-être pas aussi marqué qu’au cours des dernières années, mais pour l’instant, il persiste, même s’il est mince.

Prévisions du PIB: É.-U., Canada, Europe, Royaume-Uni, Japon, Chine, marchés émergents

Prévisions du PIB: É.-U., Canada, Europe, Royaume-Uni, Japon, Chine, marchés émergents
Source : RBC Gestion mondiale d’actifs (RBC GMA).

Les facteurs favorables à l’économie américaine – investissements dans l’IA et gains de productivité connexes; stimulation budgétaire découlant de l’adoption de la loi One Big Beautiful Bill Act (OBBBA); déréglementation; effet de richesse positif; éventuellement, coup de pouce apporté par les baisses de taux précédentes et futures – devraient permettre à la croissance de garder un bon rythme en 2026.

Néanmoins, le risque de stagflation (croissance économique faible ou nulle combinée à une inflation en hausse ou élevée) devrait rester présent au cours de l’année à venir, en raison de la décélération de la croissance, des pressions inflationnistes persistantes et du fléchissement du marché du travail. En novembre, l’indice des prix à la consommation (IPC), qui constitue la principale mesure de l’inflation des prix à la consommation, a mis en évidence une tendance baissière inattendue des prix. Toutefois, nous hésitons à y accorder trop d’importance, étant donné l’absence de données économiques dans le contexte de paralysie du gouvernement américain, qui a duré 43 jours (c’est la plus longue de l’histoire) jusqu’au 12 novembre.

Nous restons également quelque peu prudents en ce qui concerne le marché du travail à l’aube de la nouvelle année. Selon nous, le resserrement des politiques d’immigration, les restructurations d’entreprise, les départs à la retraite records des baby-boomers, les suppressions d’emplois liées à l’IA et l’incertitude entourant les droits de douane contribuent tous à amplifier les risques qui pèseront sur l’emploi en 2026. Après s’être abstenues d’embaucher et de licencier, les entreprises ont maintenu le gel des embauches et commencé à réduire leurs effectifs à la fin de 2025. Selon Challenger, Gray and Christmas, un important fournisseur américain de services de replacement externe, plus de 1 million de personnes ont été mises à pied au début de novembre aux États-Unis, ce qui représente une hausse de plus de 50 % par rapport à la même période de 11 mois de l’année précédente. C’est aussi le nombre de mises à pied le plus élevé depuis 2020, lorsque les pertes d’emplois causées par la pandémie ont fait monter en flèche le taux de chômage. 

Le taux de chômage aux États-Unis a augmenté à 4,6 % en novembre dernier. Ce taux n’est pas problématique en soi et est probablement quelque peu faussé par la paralysie du gouvernement. Par contre, sa tendance confirme le scénario d’un ralentissement du marché du travail. Nous suivrons de près cette tendance et croyons que la situation de l’emploi se précisera probablement quand de nouvelles données économiques seront publiées au début de l’année.

La courbe en K s’accentue

Bien que les perspectives de croissance économique demeurent globalement encourageantes, certains détails incitent à la prudence. Un examen approfondi révèle que la reprise économique est vécue de façon très différente selon le niveau des revenus. Plus précisément, les conditions économiques sont favorables aux ménages à revenu élevé, tandis qu’elles se détériorent pour les ménages à revenu faible ou moyen.

Les ménages à revenu faible ou moyen pâtissent de façon disproportionnée de la hausse de l’inflation et des droits de douane (en particulier parce que les droits s’appliquent surtout sur les biens plutôt que sur les services) ainsi que du relèvement des taux d’intérêt (parce que ces ménages ont tendance à emprunter davantage et à moins épargner). La récente prolongation des baisses d’impôt s’est faite au détriment des ménages à faible revenu et a profité aux ménages à revenu élevé.

Les récents changements politiques pénalisent de façon disproportionnée les Américains à faibles revenus

Les récents changements politiques pénalisent de façon disproportionnée les Américains à faibles revenus
Nota : Au 17 novembre 2025. Sources : Yale Budget Lab, Congressional Budget Office, RBC GMA.

En revanche, les ménages plus âgés, plus aisés et à revenu élevé profitent de l’incidence considérable que l’appréciation et la croissance des revenus des actifs liquides ont sur le patrimoine et qui découlent en grande partie des multiples mesures de relance mises en œuvre depuis la pandémie. Comme l’indique Services économiques RBC  : « La cohorte supérieure a profité de façon disproportionnée de la politique monétaire post-pandémique, qui a permis d’accumuler des milliers de milliards de dollars en actifs liquides productifs de revenu depuis 2020. La tranche supérieure de 10 % a investi environ 30 000 milliards de dollars dans ces actifs depuis 2020, soit six fois plus que tout autre groupe. » Cette dynamique a permis aux personnes à revenu élevé d’être moins dépendantes de leur salaire pour maintenir ou améliorer leur niveau de vie.

Les Américains les plus riches ont bénéficié de façon disproportionnée de la progression des marchés boursiers

Les Américains les plus riches ont bénéficié de façon disproportionnée de la progression des marchés boursiers
Nota : Données au T2 de 2025. Sources : Réserve fédérale, Macrobond, RBC GMA.

Cette divergente dans la richesse a pour importante conséquence que l’économie dépend de plus en plus des dépenses des ménages les plus fortunés. Selon RBC GMA , la tranche supérieure de 10 % génère près de la moitié des dépenses de consommation aux États-Unis – une part inégalée depuis la fin des années 1980. Par conséquent, le maintien de ces dépenses est un facteur important pour 2026, d’autant plus qu’environ 70 % du PIB des États-Unis sont générés par la consommation.

Une grande partie de l’effet de richesse susmentionné est attribuable aux gains du marché boursier liés à l’IA au cours des dernières années. Une éventuelle correction des valorisations boursières élevées du secteur de l’IA pourrait atténuer, du moins temporairement, l’effet de richesse qui a largement permis aux ménages à revenu élevé de soutenir la consommation jusqu’à présent. 

En fait, la consommation a récemment commencé à montrer des signes de ralentissement aux États-Unis. En septembre 2025, les dépenses de consommation ont légèrement augmenté après trois mois de gains solides, laissant entrevoir un essoufflement à la fin du troisième trimestre. En novembre, la confiance des consommateurs a plongé à son deuxième niveau le plus bas depuis avril, pour frôler des creux historiques. Ces faits n’ont rien d’étonnant, puisque la récente hausse des mises à pied, l’incertitude persistante entourant les droits de douane et les problèmes généralisés d’abordabilité – en particulier pour les ménages à revenu moyen ou faible – incitent les consommateurs à faire preuve de modération et à privilégier les produits de valeur.

La situation méritera d’être surveillée, mais nous ne croyons pas que la consommation chutera abruptement durant l’année à venir. Il est probable que le segment le plus aisé continuera d’alimenter la consommation. À notre avis, un élargissement de la consommation conjugué à une confiance accrue des consommateurs serait idéal et permettrait d’atténuer les risques de déclin de la croissance économique en 2026.

L’incertitude relative aux droits de douane persiste, mais elle est moins prononcée

En ce qui concerne les droits de douane, il convient de noter que, dans l’ensemble, la tournure des événements s’est révélée généralement « meilleure que ce que l’on craignait ». Alors qu’au début de 2025, la plupart des pays se préparaient à un impact majeur, les droits de douane ont depuis été largement abaissés, même lorsque les négociations avec les partenaires commerciaux des États-Unis étaient plus tendues, comme dans le cas de la Chine, du Canada et du Mexique.

L’incertitude liée à la politique commerciale mondiale diminue à mesure que des accords sont conclus et que les droits de douane sont réduits

L’incertitude liée à la politique commerciale mondiale diminue à mesure que des accords sont conclus et que les droits de douane sont réduits
Nota : Au 7 décembre 2025. La zone ombrée représente une récession aux États-Unis. L’indice se fonde sur les recherches à propos de sujets touchant l’économie, la recherche et le gouvernement dans les flux de nouvelles de Bloomberg News et First Word. Sources : Bloomberg, Macrobond, RBC GMA.

Bien que les droits de douane américains soient revus à la baisse, leur taux effectif moyen reste élevé, à environ 16 %, selon les estimations de RBC GMA.

Taux moyen des droits de douane des États-Unis

Taux moyen des droits de douane des États-Unis
Nota : Les taux effectifs des droits de douane sont estimés en fonction des droits de douane en vigueur à la date précisée et jusqu’au 28 novembre 2025 ; les taux annoncés ne sont pas pris en compte. Exclut l’effet du droit de minimis – suspension de l’exemption de minimis pour la Chine et Hong Kong en mai 2025 et entrée en vigueur le 29 août 2025 pour tous les autres pays. On suppose une mise en œuvre instantanée et complète des droits de douane attendus (compte non tenu des délais d’expédition, de mise en œuvre, etc.). Sources : Evercore ISI Tariff Tracker, FMI, Macrobond, RBC GMA.

Les préoccupations soulevées par l’abordabilité aux États-Unis, exacerbées par la politique de droits de douane du président Trump, semblent avoir atteint leur paroxysme après les victoires retentissantes des démocrates, dont beaucoup peuvent être attribuées à des campagnes axées sur la résolution de ce problème pour les Américains. La Maison-Blanche en a pris note.

Souhaitant sans doute remédier à ce qui est perçu comme un recul politique à l’approche des élections de mi-mandat qui se tiendront dans le courant de l’année, M. Trump a récemment levé les droits de douane sur plusieurs produits alimentaires. Plus important encore, l’administration a proposé de rembourser les droits de douane à hauteur de 2 000 $ aux contribuables américains (à l’exception des personnes à revenu élevé).

L’adoption d’autres mesures de stimulation budgétaire pour financer ces remboursements coûterait 300 milliards de dollars américains au Trésor américain, d’après la Tax Foundation (une organisation non partisane). Ce montant correspond à peu près aux recettes annuelles supplémentaires tirées des nouveaux droits de douane américains ; or, il est déjà prévu que ces recettes compensent le coût associé aux baisses d’impôt de l’OBBBA.

La proposition a fait l’objet de vifs débats, même au sein du parti républicain, et au moment d’écrire ces lignes, aucun projet ferme n’a été élaboré. Elle mérite tout de même d’être suivie de près. Si les préoccupations relatives au coût de la vie persistent à l’approche des élections de mi-mandat qui auront lieu en novembre, nous croyons qu’elles pourraient entraîner une position globalement moins belliqueuse sur les droits de douane.

Cour suprême contre président : qui aura le dernier mot sur les droits de douane ?

La Cour suprême des États-Unis devrait se prononcer sur la légalité des droits de douane de M. Trump imposés en vertu de la loi International Emergency Economic Powers Act de 1977. Si elle s’oppose à l’administration Trump, le gouvernement américain pourrait, « en théorie », être tenu de rembourser les droits de douane. Cependant, des membres bien en vue du gouvernement ont déjà entamé une campagne visant à qualifier un tel verdict de catastrophe budgétaire, de sorte qu’on doute que les remboursements puissent être effectués de bonne foi. De plus, on se demande si les remboursements devraient être versés en partie ou en totalité, et s’ils concerneraient seulement les quelques sociétés qui ont intenté une poursuite devant les tribunaux ou toutes les sociétés touchées. Il est important de noter que si la Cour suprême se prononce contre l’administration Trump, des efforts sont déjà en cours pour faire passer les droits de douane actuels et futurs sous d’autres lois en vigueur, comme l’article 122 de la Trade Act de 1974 et l’article 338 de la Tariff Act de 1930. En bref, il semble y avoir suffisamment de moyens de maintenir les droits de douane de Donald Trump.

L’année 2026 de la Réserve fédérale : tensions entre les volets du double mandat, décisions fondées sur les données et indépendance

La direction des taux d’intérêt américains demeure incertaine, étant donné la rigidité de l’inflation, qui fait contrepoids aux récents signes d’essoufflement du marché du travail. Selon nous, les légères pressions stagflationnistes de l’économie américaine obligeront la Réserve fédérale (Fed) à prendre ses décisions sur les taux en fonction des données, une réunion à la fois.

Le 9 décembre 2025, la Fed a décrété une baisse de taux de 0,25 %. Il s’agit de la troisième baisse consécutive de 2025 et de la sixième (pour une réduction globale de 1,75 %) depuis qu’elle a commencé à réduire les taux vers le milieu de 2024, pour porter la fourchette entre 3,50 % et 3,75 %. La prochaine réunion de la Fed portant sur l’établissement des taux aura lieu les 27 et 28 janvier, et les observateurs s’entendent pour dire que le taux du financement à un jour sera inchangé.

Les dernières données économiques publiées vers la fin de 2025 ont été nuancées. Par exemple, la croissance du PIB a dépassé les prévisions au troisième trimestre, ressortant à 4,3 %, soit un point de pourcentage au-dessus des prévisions générales, ce qui laisse entendre que l’économie américaine est stable. Pourtant, le taux de chômage a légèrement augmenté pour s’établir à 4,6 % en novembre. Un examen plus attentif des données révèle que cette hausse est presque entièrement attribuable aux personnes qui ont réintégré le marché du travail et aux mises à pied temporaires, tandis que les mises à pied permanentes ont reculé. Les relevés de l’inflation pour le même mois ont été nettement inférieurs aux attentes. L’IPC global a ralenti à 2,7 % d’une année sur l’autre. Toutefois, les données comportaient quelques anomalies et doivent donc être prises avec un grain de sel.

De plus, un seul relevé de l’IPC meilleur que prévu n’est probablement pas suffisant pour justifier une baisse des taux d’intérêt en janvier. Sachant que la paralysie du gouvernement à la fin de l’année a miné la fiabilité de diverses données économiques, la Fed se contentera sans doute de patienter jusqu’à ce que d’autres données sur le mois de décembre soient disponibles, afin de mieux cerner les tendances émergentes. 

Le communiqué de la Fed qui a suivi la baisse des taux en décembre fait planer plus d’incertitude sur la prochaine baisse, mais la perspective d’une seule baisse en 2026 a été maintenue. Le président de la Fed, Jerome Powell, a aussi indiqué que la banque centrale avait agi de façon suffisante pour soutenir l’économie en stabilisant le marché de l’emploi (la Fed s’attend à une légère hausse du taux de chômage, à 4,4 % pour l’année à venir), tout en maintenant les taux à un niveau assez élevé pour lutter contre l’inflation rigide.

Au moment d’écrire ces lignes, les prévisions générales tablent sur deux à trois baisses additionnelles de l’ordre de 0,50 % à 0,75 % en 2026, un assouplissement plus important que le prévoit actuellement la Fed. Toutefois, les prévisions de la Fed ont eu tendance à changer et, à notre avis, elles seront particulièrement sensibles aux données économiques qui seront publiées au fil du temps.

L’incertitude persiste, comme en témoigne le fossé entre les membres du Comité fédéral de l’open market (FOMC, chargé de fixer les taux) qui préconisent un resserrement et ceux qui préconisent un assouplissement. Les partisans d’un durcissement évoquent l’effet à retardement des droits de douane mis en œuvre en 2025 et la façon dont il commencera à se faire sentir de façon plus marquée dans les chiffres de l’IPC cette année. Les entreprises qui ont jusqu’à présent protégé les consommateurs des répercussions des droits pourraient bientôt vouloir donner la priorité à leurs marges bénéficiaires. En outre, le tour de vis que l’administration Trump a donné à l’immigration, conjugué à la vague record de départ à la retraite des baby-boomers, a réduit l’offre de main-d’œuvre aux États-Unis. Le taux de chômage est donc demeuré raisonnablement sain, mais le risque de pressions haussières sur les salaires s’en trouve accru.

À notre avis, les mesures de relance budgétaire considérables (de l’ordre de 3 400 à 3 800 milliards de dollars américains au cours des dix prochaines années) mises en place aux termes de l’OBBBA ont le même effet qu’une baisse de taux. Elles favorisent aussi de façon disproportionnée les ménages fortunés (au détriment des ménages à faible revenu). Dans la mesure où ces mesures de relance accroissent l’effet de richesse et alimentent la demande de ménages à revenu élevé, elles pourraient avoir un effet démesuré sur la consommation dans un contexte de reprise économique en K aux États-Unis. Cependant, pour les membres plus conciliants de la Fed, le fait que l’expansion liée à l’IA passera des entreprises qui ont bâti l’IA à celles qui l’adoptent laisse entrevoir des gains de productivité généralisés et des économies de coûts pour les sociétés. Ces avantages pourraient compenser l’incidence accrue des droits de douane sur le niveau global des prix. La volonté de s’attaquer proactivement à une hausse possiblement soudaine du chômage pourrait également constituer un argument en faveur des baisses de taux.

D’après nous, la divergence d’opinions au sein du FOMC découle moins de l’érosion de l’indépendance de la Fed que du manque de visibilité sur l’état du marché du travail et l’inflation pour l’année à venir. La nomination du nouveau président de la Fed, en mai, pourrait toutefois compliquer les choses. Les favoris actuels (Kevin Hassett et Kevin Warsh) sont des fidèles de M. Trump et, comme lui, ils semblent être d’avis que la Fed devrait réduire les taux plus rapidement et plus vigoureusement. La possibilité que l’indépendance de la Fed diminue avec l’arrivée d’un allié de M. Trump au poste de président pourrait être contrecarrée par une révolte du marché obligataire. Il est peu probable qu’une augmentation des taux obligataires, en réaction aux craintes d’une remontée de l’inflation plus tard en 2026, joue en faveur de l’administration Trump, tant sur le plan économique que sur le plan politique.

Effervescence des valorisations boursières

À la fin de novembre de l’année dernière, l’indice S&P 500 affichait un gain de plus de 15 %. Bien que ce résultat soit tout à fait respectable, il marque un ralentissement par rapport au rendement de plus de 20 % enregistré en 2024. Il est également inférieur à ceux des autres grands marchés boursiers, notamment ceux de l’Europe, du Canada, du Japon et des pays émergents.

Variations des cours des principaux indices en USD

Cumul annuel 2025

Variations des cours des principaux indices en USD
Nota : Au 28 novembre 2025. Les sept magnifiques sont Apple, Microsoft, Alphabet, Amazon, Nvidia, Meta et Tesla. Sources : Bloomberg, RBC GMA.

Soulignons que le ralentissement relatif de l’indice S&P 500 fait suite à près de cinq ans de rendements démesurés pour l’indice, mais plus particulièrement pour les « sept magnifiques » (voir ci-dessous).

« Sept magnifiques »

Depuis 2020, sept actions ont été l’un des principaux moteurs de la performance du S&P 500

« Sept magnifiques »
Source: Bloomberg, RBC GMA. Les rendements sont en dollars américains. Du 1ᵉʳ janvier 2020 au 30 novembre 2025. « Sept magnifiques » fait référence à Meta, Apple, Alphabet, Microsoft, Amazon, NVIDIA et Tesla. « L’indice S&P 500, exception faite des Magnificent Seven », fait référence au rendement de l’indice S&P 500 si les « Sept magnifiques » étaient retirés et les pondérations des autres actions étaient augmentées proportionnellement. Note : vous ne pouvez pas investir directement dans un indice. Les chiffres peuvent ne pas correspondre en raison des résidus et de la capitalisation.

Les valorisations des actions mondiales ont généralement progressé dans la foulée de ces bons résultats, mais elles sont particulièrement élevées aux États-Unis, où les marchés boursiers ont été propulsés de façon disproportionnée par une poignée de sociétés (principalement des actions de sociétés technologiques à grande capitalisation). La pondération des « sept magnifiques », un groupe composé de Nvidia, Alphabet, Tesla, Microsoft, Apple, Meta et Amazon, dans l’indice a augmenté de plus d’un tiers par rapport à 15 % il y a dix ans.

Les « sept magnifiques » en pourcentage de l’indice S&P 500

'Les « sept magnifiques » en pourcentage de l’indice S&P 500
Nota : Les sept magnifiques comprennent Apple, Microsoft, Google, Amazon, Nvidia, Tesla et Meta. Tesla a été ajoutée en décembre 2020 lorsqu’elle a été intégrée au S&P 500. Données en date du 28 novembre 2025. Source : RBC GMA.

L’indice se négocie actuellement à plus d’un écart type au-dessus de sa moyenne à long terme.

Les valorisations du S&P 500 semblent élevées par rapport aux données historiques

Les valorisations du S&P 500 semblent élevées par rapport aux données historiques
Source: Bloomberg, cours de clôture au 6 janvier 2026.

Abstraction faite des sept magnifiques, le ratio de l’indice est un peu plus raisonnable, à environ 16,7x, soit un peu moins que la moyenne historique.

La valorisation du S&P 500 est beaucoup plus raisonnable sans les « sept magnifiques »

Chart
Source: Bloomberg, cours de clôture au 30 novembre 2025. La moyenne à long terme reflète 15 ans.

Les valorisations ayant grimpé ces dernières années, parallèlement à l’expansion des dépenses en immobilisations liées à l’IA, les craintes d’une bulle du marché boursier se sont répandues. Selon nous, une telle nervosité peut se justifier.

Les prévisions de bénéfices pour les sociétés du S&P 500, en particulier celles des sept magnifiques et d’autres sociétés liées à l’IA, ont été revues à la hausse, car les bénéfices ont été généralement meilleurs que prévu au cours des deux à trois dernières années. Les récentes estimations générales tablent sur une croissance d’un peu plus de 14 % du bénéfice par action en 2026, contre 13 % l’an dernier. Comme c’est le cas depuis quelques années, les sept magnifiques devraient alimenter la croissance des bénéfices, les prévisions générales étant d’environ 23 % en 2026 (similaires à celles de 2025). Voilà qui représente une nette décélération pour le secteur de l’IA, par rapport à la croissance vertigineuse des bénéfices, de 35 % à 40 %, en 2024.Le niveau supérieur des attentes, combiné à des valorisations élevées, laisse peu de place à une déception.

Cette année, nous nous attendons à ce que l’attention portée au segment de l’IA passe des investissements massifs des producteurs au rendement de ces investissements. Les gains d’efficacité et de productivité ainsi que les économies de coûts promis aux utilisateurs de l’IA seront surveillés de près. Les estimations du montant total que les investissements dans l’IA représenteront pour les grandes sociétés de technologie ont été révisées à plusieurs reprises en 2025; elles s’établissent finalement à plus de 400 milliards de dollars d’ici la fin de l’année. Le marché considère que la création de valeur implicite de ces investissements colossaux ne se matérialise pas assez rapidement, et nous croyons que cela pourrait miner la confiance du marché, au moins temporairement, entraînant un trou d’air dans les valorisations. Le récent phénomène du financement circulaire dans le domaine de l’IA (un modèle de financement, selon lequel les investissements passent d’une société à l’autre en circuit fermé, permettant à ces sociétés de financer leurs activités tout en achetant des produits et des services les unes des autres) peut laisser perplexe et fait craindre les éventuelles répercussions qui se produiraient si le cycle de financement était rompu.

Malgré les arguments ci-dessus, nous hésitons à déclarer qu’une bulle se forme à ce stade-ci. Certes, des ratios cours/bénéfice (C/B) élevés ont souvent accompagné les bulles dans le passé, mais ils n’en constituent pas nécessairement un indicateur. Les conditions actuelles du marché se distinguent des bulles précédentes par la façon dont les valorisations du bloc de l’IA ont été alimentées de façon disproportionnée par la croissance des bénéfices, plutôt que par l’expansion des ratios. Les dépenses en immobilisations ont été principalement financées au moyen des liquidités disponibles. Les bilans des principaux acteurs de l’IA sont solides, avec un endettement généralement faible, et montrent donc peu de signes de prise de risque excessive, ce qui a généralement caractérisé les bulles passées.

Même si l’on affirmait qu’il s’agit bel et bien d’une bulle, il serait presque impossible de savoir à quel stade de la bulle nous nous trouvons et combien de temps elle demeurera intacte. Nous sommes convaincus que les investissements et l’adoption subséquente de l’IA stimuleront probablement la création de valeur et les changements structurels, mais nous pourrions très bien n’en être qu’aux premiers stades de ce cycle. Les changements de paradigme historiques (p. ex., le chemin de fer ou l’adoption d’Internet) prennent souvent plusieurs années. Étant donné que ces transitions structurelles prennent du temps et tout comme il existe un risque de surpondération dans les portefeuilles, il existe aussi un risque de sous-pondération puisque les valorisations demeurent soutenues à long terme par une forte croissance des bénéfices.

De même, nous croyons que les investisseurs devraient rester vigilants en ce qui concerne les placements à fortes valorisations au sein des portefeuilles et qu’un rééquilibrage prudent est justifié à cet égard. La diversification géographique demeure également de mise. Bien que les actions canadiennes aient surpassé les actions américaines en 2025, leurs valorisations restent raisonnablement inférieures à celles des actions américaines.

Les actions canadiennes se négocient toujours à un prix très bas

Ratio C/B historique – Indice S&P 500 c. indice composé S&P/TSX

Chart
Source: Bloomberg. 1ᵉʳ janvier 2007 au 30 novembre 2025.

De même, les valorisations des actions internationales semblent toujours moins chères que celles des États-Unis. Par conséquent, nous croyons qu’un penchant modeste en faveur de marchés boursiers non américains est justifié si le risque est approprié.

Valorisations des marchés boursiers internationaux

Les régions à forte technicité restent chères

Ratio cours/bénéfice
Valorisations des marchés boursiers internationaux
Source: Bloomberg, données au 31 décembre 2025.

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Tasneem Azim-Khan

Vice-présidente et stratège en chef, placements

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